L’intelligence émotionnelle : nouvel atout du manager

Les émotions sont longtemps restées à l’écart de l’entreprise. Perçues comme irrationnelles, n’ayant rien à faire dans le monde professionnel,  les managers et les collaborateurs étaient priés de les laisser chez eux.

Pourtant nier les émotions au travail n’est ni réaliste ni une bonne idée.

Les émotions : une réalité biologique

Les émotions sont présentes au travail comme partout ailleurs car elles sont une réalité biologique : on peut choisir de ne pas les voir, mais ne choisit pas d’en avoir ou pas. Qu’on le veuille ou non, les émotions font partie intégrante de notre fonctionnement. Intimement liées à notre mémoire par exemple, elles  influencent grandement nos réactions, nos comportements, d’autant plus si nous ne sommes pas à leur écoute…

Les émotions sont impliquées dans plusieurs zones de notre cerveau, elles-mêmes très richement interconnectées, et notamment :

  • l’amygdale, la “sentinelle du cerveau”, dont l’importance est cruciale dans le contrôle des principaux états affectifs et dans l’expression de l’humeur, notamment en ce qui concerne les comportements de peur ou d’agressivité
  • le cortex préfrontal, dont le rôle est essentiel dans la régulation des émotions et la sociabilité et qui, s’il est endommagé, entraîne impulsivité, irresponsabilité, absence de conscience sociale, manque d’empathie.

L’émotion : un signal d’alarme à écouter

 

Etymologiquement le mot provient du latin “exmovere” qui signifie “mouvement vers l’extérieur” ou encore “mettre en mouvement”.

Moteur puissant de notre fonctionnement, l’émotion est l’indicateur qu’il se passe quelque chose et qu’il faut se mettre en action pour y faire face. Elle nous pousse à agir pour nous faciliter notre adaptation à notre environnement et a pour rôle d’augmenter nos chances de survie.

L’émotion est donc en quelque sorte un signal d’alarme naturel.

 

 

Emotion, performance et décision

De plus, les émotions influencent plus qu’on ne le pense le monde du travail et la performance : une étude de 1932 montrait déjà les liens entre émotions et performance, ainsi que l’influence des émotions ressenties à la maison sur son comportement au travail.

Elles sont d’autant plus importantes dans le monde du travail, notamment pour les décideurs, qu’elles sont impliquées dans les processus de décision où leur influence a été démontrée par les neurosciences : on sait aujourd’hui que l’on ne décide pas qu’avec la raison, même si l’on pense le contraire. La seule différence entre une personne ou une autre c’est que certaines personnes en sont conscientes, d’autres non…

Quel risque à nier ses émotions ?…

Pourtant, éviter ses émotions, les nier ou les refouler n’est pas une bonne idée.

D’une part, cela vous prive d’un indicateur pertinent sur votre état émotionnel et celui de votre interlocuteur. Mais c’est même risqué : trop contenir ou éviter ses émotions est toxique et peut conduire à une véritable surcharge émotionnelle, jusqu’à parfois se retrouver totalement dépassé par les évènements voire conduire au burn-out.

Or les études montrent que plus on s’élève dans la hiérarchie, plus on perd en capacité à déchiffrer les émotions et moins l’on est dans la compréhension de l’autre et dans l’empathie. Les raisons invoquées ? Ces personnes consacrent leurs ressources à d’autres compétences et ont perdu l’habitude d’être remis en question…

Prenons un exemple : avez-vous tendance à vous énerver lorsque l’un de vos collaborateurs n’agit pas comme vous le souhaitez, fait des erreurs, n’est pas assez efficace ? Êtes-vous vite agacé(e) par quelqu’un qui n’aurait pas les mêmes valeurs que vous ? C’est bien compréhensible !

Et pourtant, si vous n’arrivez pas à le dire ou à le gérer de manière posée et avec du recul, cela pourra vite vous gâcher la vie et vous amener au conflit, à la perte de votre collaborateur ou d’un client…

Comment mieux gérer ses émotions?

La première chose à faire : prendre du recul sur soi et observer pour gagner en conscience.

Améliorer sa prise de conscience de ses sensations, de ses affects, de ses réactions et de leurs déclencheurs est un premier pas vers une plus grande conscience de soi et un apaisement interne.

Un comportement colérique, par exemple, est souvent lié au fait que l’un de vos besoins essentiels n’est pas rempli, mais que vous n’en avez pas conscience. Il est lié à des schémas inconscients ou blessures hérités de votre enfance, et qui resurgissent lors d’un évènement qui joue alors le rôle de déclencheur.

Prendre conscience de ses propres besoins, de ses valeurs, de ses croyances, de ses “boutons rouges” (ce que l’on ne supporte pas), et prendre du recul sur soi est donc essentiel à une bonne gestion de ses émotions, tout comme accepter que l’autre est différent de moi et regarde les choses sous un autre angle : le sien.

Être plus conscient de ses émotions, les accepter et lâcher-prise sur ce qui nous cristallise permet de mieux être, mieux vivre et mieux communiquer.

L’émotion : un vecteur de motivation

Les managers ont donc tout intérêt à se reconnecter à eux-mêmes pour pouvoir se reconnecter à leurs collaborateurs, mais aussi à leurs clients, détecter ce qui se passe chez l’autre, afin d’adapter leur comportement et leur communication.

N’oublions pas aussi que l’émotion est un formidable vecteur de motivation et d’engagement ! Tout comme le fait d’avoir du mal à maîtriser ses émotions constitue un vrai handicap pour le Manager d’aujourd’hui dont le rôle est intimement lié à l’Humain…

En plus, les études l’ont montré : être attentif à soi et aux sentiments de l’autre rend plus heureux. Alors, pourquoi s’en passer ? 😉

Téléchargez gratuitement votre mémo “5 étapes pour mieux gérer ses émotions”

Partagez !
Stéphanie Silvestre
 

Coach professionnelle certifiée, Praticienne ANC, consultante-formatrice en Management des talents et du changement, j'aide les Managers et les décideurs à développer leur performance et celle de leurs équipes et à réussir dans un monde en pleine mutation.

Laisser un commentaire 0 Commentaires